La disparition de Jean-Claude Decaux saluée unanimement ?

Récemment, la classe politique et tous les média ont salué la mémoire de feu Jean-Claude Decaux fondateur de la société éponyme.

Au delà du parcours personnel de l’intéressé, nombre de militants associatifs ont un regard plus critique concernant l’impact et l’influence de la société JC Decaux sur notre environnement.

Aussi, face à l’avalanche de commentaires dithyrambiques, il est nécessaire de rappeler les faits suivants concernant les agissements passés et présents de la société JC Decaux.
En vrac et dans le désordre :

  • Lors de l’élaboration de la Loi de 1979 (socle de l’actuel code de l’environnement) le concept de « mobiliers urbain » a été défini dans la Loi et a bénéficié dès cette époque d’un régime d’exception inscrit dans les textes.
  • En 1998, le Conseil de la concurrence a sanctionné le groupe Decaux pour ne pas avoir respecté certaines injonctions prononcées à son encontre  (décision n° 98-D-52 du 7 juillet 1998). Il a infligé aux sociétés du groupe des sanctions pécuniaires pour un montant total de 10 millions d’euros.
  • A Clichy-la Garenne, l’afficheur « Artvertising » (du groupe J C Decaux ) a occulté les fenêtres des locataires d’un immeuble en installant sans déclaration préalable une gigantesque bâche publicitaire irrégulière.
  • Ce même afficheur se vante de recouvrir les façades des monuments historiques avec des publicités de dimensions hors norme grâce à un décret « sur mesure » signé en 2007 par le ministère de la culture.
  • Toujours à Clichy, l’afficheur AVENIR (du groupe JC Decaux) avait installé des publicités perchées à plus de 15m de hauteur.
  • De nos jours, ce même afficheur exploite toujours des dispositifs publicitaires en infraction avec le code de l’environnement.
  • À Orly et à Roissy, JC Decaux a exploité pendant des années en totale violation du code de l’environnement des publicités de 50m² visibles des autoroutes A1 et A6. Comme par hasard, la Loi légalisé ces pratiques en introduisant une exception à l’interdiction de publicités hors agglomération dans le code de l’environnement…
  • Les « mobilier urbain » (que d’aucun confondent avec de la publicité) font l’objet d’un contrat signé avec différentes  municipalités et échappent souvent à toute contrainte de nombre et de densité (y compris dans de nombreux Règlements Locaux de Publicité). Le sénateur Ambroise Dupont a souligné dans son rapport que les municipalités devraient faire preuve de plus de vigilance lors de la passation de ces contrats
  • En 2012, à Quimper, la présence de publicité vantant des boissons alcoolisées sur des abris bus implantés devant des établissements scolaires a déclenché une polémique locale. article du Télégramme du 4/01/2012
  • De même, certains visuels publicitaires apposés sur des « sucettes » ont scandalisé des citoyens visuels choquants.
  • Certains de ces « mobilier urbain » compromettent la sécurité et la libre circulation des piétons obstacles urbains  obstacles pour piétons
  • D’autres implantations présentent un risque potentiel pour la sécurité routière situations dangereuses.
  • Enfin, ces dispositifs sensé donner une information « d’intérêt local » privilégient souvent la visibilité et l’orientation de face publicitaire au détriment de l’information locale. Le sénateur Ambroise Dupont  rapporteur d’une enquête sur ce sujet rappelle que l’expression mobilier-« alibi » est souvent utilisé.
  • Dans toute l’Europe, des perspectives urbaines sont altérées par des dispositifs publicitaires implantés parfois au beau milieu de rues piétonnes.  capitales d’Europe
  • le 17 septembre 2009, lors de la révision du code de l’environnement (suite au  grenelle de l’environnement), la sénatrice Marie-Christine Blandin a déclaré à la tribune que pendant les séances un grand afficheur arpentait les couloirs du sénat ! (elle a eu la pudeur de ne pas nommer l’intéressé !)
  • À Angers, profitant de la trêve estivale de 2013, des dispositifs publicitaires numériques en co-visibilité avec des monuments historique ont été installé en dépit de l’avis négatif de l’architecte des bâtiments de France. article Angers mag
  • Un fonctionnaire du ministère de l’environnement a pu déclarer dans la presse que le gens de JC Decaux ont tenu le stylo pour écrire le décret d’application (sic). Cette révélation n’a jamais été démentie par la société JC Decaux.
  • Lors du déploiement des « vélib » à Paris, la contrepartie a été de multiplier le nombre de mobiliers urbain publicitaire dans la capitale sans concertation avec la révision du Règlement Local de la Publicité alors en cours de révision. Sans attendre la publication du nouveau RLP, les « mobilier urbain » ont immédiatement été remplacés par des dispositifs animés et éclairés. (nombreux articles de presse)
  •  Récemment encore, lors de la révision du code de l’environnement et de ses décrets d’application, il apparu à la lecture de ces textes (complexes) que les « mobilier urbain » peuvent être numériques (donc énergivores) et que ces catégories de dispositifs publicitaires ne sont pas concernés par les règles d’extinction nocturnes, ni par les règles de luminances applicables aux autres dispositifs publicitaires !
  • le 3 septembre 2015, dans les locaux du ministère, un représentant de JC Decaux a proposé d’exclure les « éléments d’encadrement » du calcul de la surface d’une publicité au motif que JC Decaux exploite des dispositifs publicitaires munis d’encadrements inutilement surdimensionnés panneau de 8m² ou de 12m² ?

Liste non limitative. Seul le Canard enchaîné de cette semaine a écrit un article qui contraste avec les autres commentaires laudateurs…

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